En deuil

En deuil

dimanche 12 juin 2016

À L'ARCHET, DES MUSICIENS QUI FONT DU BIEN.

Une nouvelle fois, j'attends à l'hôpital que quelqu'un de proche y termine une séance de soins. 

Le lieu de mon attente est un "plateau" équipé de chaises, et d'un plan incliné qui facilite la circulation des fauteuils roulants, et aide à la marche ceux et celles qui viennent ré-éduquer leur corps blessé. 
Deux chaises sont souvent libres – une seule me suffit ! Je m'installe pour lire. Je ne suis distraite de ma lecture que par quelques thérapeutes et leurs patients, dont j'admire la patience, et les efforts conjugués. 

Ce jour-là pourtant, un drôle de ballet se met en place. Tout d'abord, je vois arriver un nombre inhabituel de personnes en fauteuil. Elles se mettent en rang sagement, les unes derrière les autres, face à un côté de la salle qui, pourtant, n'a rien de spécial. Cette attente tranquille, encadrée par quelques soignants, dure une bonne demi-heure, avant que n'arrive, par une porte habituellement fermée, une jeune femme chargée d'une énorme housse noire : elle la déballe et je vois en émerger une harpe. 
Ensuite un accordéoniste, venu de nulle part, se met en place à ses côtés, et voilà que le concert commence, sans qu'un mot ait été prononcé. 

Car il s'agit bien d'un concert. Les notes envahissent ce lieu si peu attirant, l'emplissent de douceur, et de force. Ces deux jeunes musiciens enchantent ainsi un public qui oublie, le temps de cette parenthèse musicale, les vilains maux qui les affectent. 


Ces instrumentistes sont merveilleux, talentueux, et généreux, car ils viennent donner de leur temps précieux à l'hôpital. 
L'affiche que je vois (enfin) en partant m'informe qu'il s'agit d'un partenariat avec le Conservatoire de musique de Nice (CNRRN). D'où la qualité de ce que j'ai entendu, et qui a occulté, un temps, les souffrances que ce lieu voit défiler. Les soignés, tout comme les soignants, sont restés envoûtés par cette parenthèse magique. Bien mieux que ce diable de foot et ses violences associées, c'est la beauté des notes et le talent des instrumentistes qui leur a fait oublier, et leurs maux, et leur boulot. 
Du reste, on peut lire ceci, en cherchant un peu :

"Depuis 2015, l’association des professeurs du Conservatoire National à Rayonnement Régional et leurs élèves mettent la passion qui les anime au service des patients de Psychiatrie - de Médecine Physique et Réadaptation et de Soins de Suite et de Réadaptation. Les formations instrumentales s’adaptent aux publics concernés et aux lieux pour présenter des pauses musicales classiques de grande qualité. Ces concerts rythment la vie des services au rythme des saisons." 

Pour en savoir plus, cliquez ici, vous serez bluffés. 


Chapeau. Et Gratitude. 

(Cela dit... de la musique, à l'Archet, c'est quasiment attendu. Mais où se cachait donc la violoniste – qui n'est pas l'auteure de ce billet ?)

2 commentaires:

  1. Merci Cathie de toutes ces notes positives.

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  2. J'ai accompagné Mathilde, mon épouse que la Parkinson a terrassée après 3 années en maison médicale, et sais tout le cœur que ces groupes musicaux et tous les bénévoles mettent à soulager - à distraire - la souffrance. Je n'oublierai pas non plus les caresses prodiguées, sans autre consigne que le devoir des cœurs, par les coiffeuses et esthéticiennes pour apporter un semblant de normalité à ces existences mutilées. AB

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