Palissade

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jeudi 19 mars 2015

ANNA SIGALEVITCH : LA FORCE ET LA GRÂCE.



Rendre compte d’un film qui a déjà fait l’objet de tant d’articles et d’interviews s'apparente à de la haute voltige.
Qu'écrire, en effet, sans répéter ce qui a été dit ailleurs ? Que raconter, que commenter, lorsque l’on a envie de faire partager aux autres son enthousiasme et son émotion – pour ne pas dire sa gratitude ?

Pas facile, vous me l’accorderez, et pourtant, c’est ce que je vais tenter de faire, en plaçant le projecteur sur Anna Sigalevitch, l’actrice qui tient ce film de bout en bout, avec force et grâce. 



Photo prise sur le site officiel du film

lundi 16 mars 2015

NIFF 8ème édition : CAPTURE.



Le 8ème Nice Israël Film Festival nous fait cette année cadeau de superbes courts-métrages. Le genre est exigeant : il est essentiel de capter le spectateur en un minimum de temps, et de créer un climat. Souvent négligé (tout comme la nouvelle en littérature), le court-métrage mérite pourtant une attention particulière, surtout lorsqu’il est de la qualité de ceux présentés cette fois-ci à Nice.

vendredi 13 mars 2015

COUGOURDES, GOURDE & COUGOURDONS, pour fêter le printemps.


Prenons un peu d'avance sur le calendrier pour annoncer quelques nouvelles littéraires et artistiques. 

Tout d'abord, je renvoie ceux et celles qui ne sont pas (encore) addicts vers l'un de mes sites favoris – car totalement atypique et souvent déjanté, j'ai nommé JEWPOP, le seul, l'unique ! 

Vous lirez, en y suivant ce lienune chronique (plutôt sérieuse, celle-ci) que j'ai écrite sur le dernier livre de Marceline Loridan-Ivens, Et tu n'es pas revenu. Ce n'est pas tant pour mes réflexions que je vous y dirige, mais parce que ce livre est l'un de ceux qui vont rester sur le sujet, et que donc, il doit être lu. 

Je vous espère revenu(e) sur ma page, après cette escapade virtuelle. Voici donc la suite, plus guillerette :

Vous vous souvenez peut-être des expos TUTU, et FRUTOPIE, de la photographe Luli Barzman ? Cette année, elle nous propose un nouveau thème, et je suis sûre que comme moi vous serez EMBALLÉE  (ça marche au masculin aussi). 

Cette exposition se tiendra dans le Vieux Nice, au Centre Culturel de la Providence, à partir du 24 mars. Ne la ratez pas !




Dans la série annonces littéraires, la saison va commencer de manière inhabituelle, avec ce qui se nomme à Nice LE FESTIN DES COUGOURDONS. 



image prise sur ce site
(Le comté de Nice en images)

Si vous vivez de l'autre côté du Var (du côté ouest, s'entend) vous avez peut-être du mal à imaginer ce que représente cette cucurbitacée dans la culture méridionale, et niçoise en particulier. Non seulement on peut la manger, mais en plus, on s'en sert pour décorer les maisons, et ce n'est pas tout, comme vous pourrez en juger en regardant, et en écoutant ceci (et en oubliant de regarder l'orthographe du lien). 

Une recherche rapide nous en dit davantage sur cette belle plante :

La calebasse, ou gourde, est une plante herbacée annuelle de la famille des Cucurbitacées, cultivée comme plante potagère pour son fruit, la calebasse, parfois consommée à l'état frais comme légume, ou plus souvent utilisée à l'état sec pour fabriquer divers objets. Elle est originaire d'Afrique (Zimbabwe).
Nom commun : calebasse, gourde, gourde pèlerine, cougourde, cougourdon (surtout dans la région niçoise), cuyon (dans le Sud- Ouest), courge-bouteille. de : Flaschenkürbis, en : calabash gourd, bottle gourd, es : calabaza, cajombre.
Nom scientifique : Lagenaria siceraria (Molina) Standl., famille des Cucurbitacées, tribu des Benincaseae.

Voilà qui est instructif , n'est-ce pas ? Et propice à la fête, voire au susnommé festin, lequel se tient à Nice tous les ans pour fêter, entre autres, l'arrivée du printemps. 

Eh bien, vous savez quoi ? Cette année je serai de la fête, ce qui est normal pour une gourde de mon espèce.  
Ma prof de maths me fit jadis comprendre que j'appartenais à cette belle famille de plantes. Sa phrase favorite, dont toutes les Capronettes* qui l'ont subie se souviennent, était, prononcée d'un ton fort las : "Des courges, j'élève des courges..." Pour elle, c'était un sacré pépin que d'essayer de planter des graines d'algèbre dans ma tête ! 
À présent j'assume le compliment, et même, je l'affiche. 


Vu le lieu, il me semble que les RECETTES À LA VIE, À L'AMOUR & LE MÉNAGE ? PARLONS-EN ! y auront davantage leur place que mes autres titres...

Changement de décor, en vue d'un 10 mai princier. 

C'est à Monaco que se promèneront les Rencontres, Le présent du passé, et monsieur Hareng. En belle compagnie, puisqu'y sont annoncées la présence et une conférence de Boris Cyrulnik. Je vous sens déjà plus intéressés ! Et ce n'est pas tout...

Détails pratiques :

IVèmes Rencontres Littéraires Fabian Boisson

Un événement placé sous le Haut Patronage 

de S.A.S Le Prince Albert II



Lieu de l’événement :

Hôtel Méridien Beach Plaza Monte-Carlo

Salon Méditerranée, espace utilisé 600 M2.

22 Avenue Princesse Grace 

98000 Monaco



Avouez que cela a une certaine allure ainsi formulé !
Bref, la saison s'annonce fort variée. 
J'espère vous y rencontrer aussi, et vous permettre de découvrir le talent de mes copines en écriture, Christine Baron et Florence Ka, qui seront alignées à mes côtés comme des sardines sur leur banc – même si, étant bien plus sérieuses que moi, elles risquent de ne pas apprécier cette métaphore poissonnière. 





À bientôt, ici ou là ? 

*Capronette : surnom donné à une génération d'anciennes élèves du Lycée Capron de Cannes, dont les retrouvailles mémorables ont eu lieu il y a quelques années de ça. (Numéro oublié)

Et, au fait, Cimiez, c'est à Nice. 

dimanche 22 février 2015

GLOIRE AUX GLORIA MANSIONS !




Il y a eu un "avant" et, bien entendu, un "après". 
L'avant a été long, et remonte aux années 30, l'âge d'or de l'Art Déco. 

Le bâtiment dont il va être question aujourd'hui y a connu son heure de gloire. Construit entre 1932 et 1934 sur les plans d'un architecte arménien, Garabed Hovnanian, mêlant inspiration new-yorkaise et méditerranéenne, et après avoir logé des hôtes de qualité, cet imposant édifice était hélas devenu, au cours du siècle dernier, l'ombre de sa splendeur passée. 

Jusqu'au jour où deux passionnés créèrent une association en vue de le relever de la ruine dans laquelle il sombrait lentement, mais sûrement. Ce qui fut fait. 

Le résultat de cet "après" est tout bonnement bluffant. Cet immeuble est pourtant très discret, on n'en voit pas facilement l'entrée, et il faut lever les yeux au-dessus de commerces fort ordinaires pour en découvrir la splendeur. 


Une fois passé le portail, on découvre 
l'arrière somptueux de cet immeuble


photo © J.L + L


Dans la cour : ce trompe-l'œil 
en partie en relief, 
recréé par un "rocailleur". 


photo J.M. Cagnoli

Vous trouverez tous les autres détails de cette merveilleuse entreprise de sauvetage du patrimoine sur ce site,* mais je tenais à partager avec vous mon coup de cœur de la semaine, en l'illustrant de quelques photos plus personnelles. 

En effet, grâce à la gentillesse de M. Testud, dont l'entreprise, AD AFFRESCO, a travaillé à la restauration du Gloria Mansions, un groupe d'amateurs d'architecture s'est retrouvé ce matin, sous sa conduite, afin de visiter ce magnifique immeuble, à présent quasi-terminé. 

On note le travail du fer-forgé, 
et le graphisme si typique des années 30

Dès l'entrée, le granito du sol est une
pure merveille qui vous saute aux yeux

 ...tout comme ces joints teintés de  
vert de Vérone...

J'ai retenu de cette visite quelques détails importants :



La façade est constituée de béton coloré, traitée comme une matière noble, et incrustée de nacre vivante. Celle-ci provient d'ormeaux. Au début, nous confie M. Testud, il leur a fallu manger quantité d'huitres afin d'en utiliser la coquille... Pour découvrir un peu plus tard une source allemande de brisures d'ormeaux, qui a évité à son équipe tout risque ultérieur d'indigestion, et d'hépatite !

Les bas-reliefs s'inspirent de scènes méditerranéennes. Comme le reste ils ont été nettoyés, et sont à présent mis en valeur. 




4 photos de © J.M. Cagnoli

Un des murs extérieur est composé de blocs monolithes, bouchardés dans la masse, et modelés à la main : le ciment prompt se fige, et on le modèle à la truelle de manière artisanale. 
(Je sais, là, je sors de mon domaine de compétence, pardonnez mes approximations !) 


Pour l'entreprise AD AFFRESCO, en charge de la rénovation des façades (mais aussi de tous les murs intérieurs), pas question de "gommage" qui ouvrirait "les pores" de ce béton-là, sous peine d'attirer l'eau, avec le risque que plantes et moisissures fassent ensuite exploser le mortier. 
(Cela ressemble furieusement à de la cosmétique, cette affaire-là, vous ne trouvez pas ?)

D'ailleurs, ce même béton est lissé par endroits au point de ressembler à du marbre. Il en a la douceur, du reste. 
(On imagine le nombre de limes en carton qu'il a fallu utiliser pour obtenir un tel poli...)


Entrons... pour être accueillis par des boîtes à lettres dont on imagine ce qu'elles ont pu contenir de messages parfumés... Et si, par hasard, un télégramme arrivait, il était remis à la personne en charge de donner les "Renseignements" – nul ne lit le terme de "concierge" ni de "gardien" en ce lieu.


Photo @J.M. Cagnoli


Cuivre, matière noble, à respecter,
avec chiffon et huile de coude !






photos ©J.M. Cagnoli



Au-dessus des boîtes aux lettres,
une illustration stylisée des divers 
moyens de transport du courrier
au fil du temps


photo ©J.L + L

Une fois le hall passé, le regard est attiré vers le haut. Le monumental escalier hélicoïdal vous coupe le souffle, tout comme la verrière plate qui le surplombe. 






Et encore plus lorsqu'on le regarde depuis le dernier étage !

Vertigo, anyone ? 

Entre les deux, encore quelques merveilles...


--détail d'un vitrail inhabituel :
ces tasselles en verre coloré sont maintenues entre
deux panneaux vitrés, et non par des joints de plomb

 Poignées de porte

On remarque la forme des chiffres
si typique des années 32 !

 Détail de verre

Couloir d'étage, avec ses vagues
de béton ciré
photo ©J.M. Cagnoli


Et voilà, la visite est terminée ! 
Vous admettez que le coup de cœur est justifié, n'est-ce pas ? 

En revanche, ayant aperçu la rénovation de l'intérieur d'un appartement (destiné à une location de longue durée...)  je ne commenterai pas les choix du responsable de celle-ci. 

Nul doute que des amateurs bien plus éclairés sauront, à terme, donner à chacun d'entre eux le lustre et le style qu'ils méritent. C'est en tout cas ce que je souhaite pour que ce superbe travail patrimonial soit parachevé. 



Pour les Niçois, ou ceux qui peuvent se rendre sur place (vu que le bâtiment ne bougera plus guère), cette visite pourra être suivie à nouveau le vendredi 27 février à 11:00, à condition de s'inscrire avant auprès de M. Testud : fresco@wanadoo.fr

Avec mes remerciements à Jean-Michel Cagnoli, architecte, qui a eu la bonne idée de nous signaler cette visite, et la gentillesse de me confier quelques-unes de ses photos. 




*N'hésitez pas à naviguer en cliquant sur les liens du bas de la page web, et à visionner les petits films proposés, passionnants.