En vol

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mercredi 25 novembre 2015

ALBERT DURAND, LIBRAIRE À CANNES (suite)

La vie offre des cadeaux précieux, même aux profs à la retraite qui n'en attendent pas tant.  

Exemple : Assise tranquillement au TNN hier soir, en attente du lever de rideau sur une scène qui n'en comportait pas, je me suis entendue apostropher par une jeune femme qui m'avait reconnue comme étant son ancien prof' d'anglais. Et, à ma stupéfaction, elle me remercia avec beaucoup de chaleur pour sa bonne note d'anglais au bac... obtenu en 1982 ! Inutile de dire que le choc a été grand pour moi, 33 ans plus tard, de me dire qu'une ancienne élève avait pu, si longtemps après, non seulement me reconnaître, mais aussi conserver un bon souvenir de son année de terminale, et de mon enseignement. Ces petits cailloux-là sont des perles de bonheur dans un quotidien ensablé. 

(On est toutefois prié de ne pas commenter l'âge du capitaine, même quand il fait son kéké...)  

Sur un autre registre, et dans mon dernier billet, j'évoquais la difficulté de retenir certains noms peu familiers. 

Parfois, c'est la banalité de certains patronymes qui les rend transparents... On dit bien "Dupont ou Durand" (avec sa variante "Dupond ou Durant"), comme si ni l'un ni l'autre ne comptait vraiment.  

Et pourtant, voilà que "mon" M. Durand, avec un D, resurgit dans ma vie, grâce à ce blog. Il y a deux ans, j'en avais longuement parlé ici. À présent, quel bonheur, il a même un prénom : Albert. 

Comment je le sais ? Eh bien, lisez donc ci-dessous le commentaire qu'a posté Robert Durand, son fils, sur Gratitude, et vous comprendrez ma seconde et double stupéfaction de la semaine. Cela valait bien ce post-scriptum, mes remerciements à son fils, et à son petit-fils, et que sa photo (si conforme à mon souvenir) figure enfin sur la place publique. La lectrice que je demeure continuera de garder, avec tendresse, Albert Durand dans sa mémoire. 

May he rest in peace. 



"Mon fils Mathieu qui vit au Danemark a récemment découvert sur Internet votre blog, daté du 17 avril 2013, consacré à Albert Durand qui sous l’enseigne « Office du livre » a exercé à Cannes au numéro 61, devenu 77, de la rue d’Antibes, le merveilleux métier de libraire.
Je me suis précipité sur votre blog, l’ai lu, relu, rerelu, en ai savouré chaque bouchée.
Vous avez trouvé les mots justes pour décrire ce lieu et cet homme hors du commun : livres entassés en tous sens, désordre sympathique, rondeur du maître des lieux, douceur de ses conseils avisés. Beaucoup venaient savourer cette oasis, tout le monde la quittait à regret.
Albert Durand est mort en l’an 2000.
Je suis son fils et je n’ai bien sûr pas votre objectivité mais comme vous je regrette de ne pas avoir lui avoir dit toute ma reconnaissance.
Au moins, j’ai aujourd’hui, et je la saisis, l’occasion de vous exprimer ma GRATITUDE, vous savez, « ce sentiment d’affection que l’on ressent pour quelqu’un dont est l’obligé ».

Robert Durand (Cannes le 25 novembre 2015)

5 commentaires:

  1. La mémoire, ce bien si précieux!
    Albert Bensoussan

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  2. Ah j'adore ce genre de surprises heureuses et stupéfiantes..Merci Cathie
    bises
    Georgette

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  3. Je publie avec son accord, le commentaire laissé sur facebook par un ami qui fut cannois :
    "Oui, je me souviens de la librairie rue d'Antibes et la photo de Mr Durand me replonge dans ce moment oû ce visage jovial émergeait des rayons surchargés de livres, que de trésors d' écritures (surtout avec un S) parmi les empilements et quelle joie de trouver l'album Spirou en bonne place dans la petite vitrine à droite de l'entrée. Un grand bonjour à Robert son fils, camarade d'école et du lycée."
    François Dénéréaz.

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    Réponses
    1. Salut François,

      Cathie Fidler est vraiment une magicienne.
      Elle permet des retrouvailles inattendues et agréables.
      Je t'espère en pleine forme.
      Robert

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  4. c'est merveilleux et tellement gratifiant. Bravo Cathy
    Moise

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