En deuil

En deuil

jeudi 24 mai 2012

NAISSANCE ANNONCÉE, AU PAYS RÊVÉ




Comme le dit un de mes amis rédacteurs, je suis en mode accouchement.

Enfin, j’ai quand même fait le plus gros, le week-end dernier, et cette fois-ci j’ai eu droit à l’intervention du chef de service, pas juste d’une de ses sages-femmes. Il a carrément  mis la main à la pâte, et beaucoup de cœur à l’ouvrage pour activer la naissance de mon petit dernier. Le travail a duré tout le week-end, et vous n’imaginez pas le privilège dont j’ai bénéficié ! Normalement, le grand patron, il a autre chose à faire que la toilette d’un fœtus, fût-il presque arrivé à terme ! Là, ça a été du délicat, on a fait dans la dentelle pour qu’il sorte en beauté, au Pays Rêvé.

Je dis « le plus gros », mais il ne pèsera que 160 grammes - euh, pages - car je fais souvent de petits bébés, sûrement parce que, justement, je crains les affres de leur délivrance.
Pour ceux et celles qui ne sont pas au fait des dessous de la chose, il faut que je précise que les contractions qui précèdent une telle sortie sont au moins aussi douloureuses que les vraies, mais qu’elles affectent surtout les yeux, et les doigts.

En effet, les mots ont une propension extraordinaire à vous jouer des tours. Vous pensez avoir écrit le terme « pied » dans sa version correcte, vous êtes sûre d’avoir vérifié son sens et son orthographe avec tous les outils qui sont à votre disposition, et voilà-t-y pas qu’il a muté. Sans que vous l’ayez remarqué, et malgré cent lectures successives, il lui a poussé un orteil en plus ! Un autre exemple : nommer un personnage, ce n’est pas anodin, c’est un acte très réfléchi. Alors quand celui-ci change soudain de nom en passant d’un endroit à un autre, vous imaginez le choc ! Il faut bien les yeux attentifs et tout le doigté d’un obstétricien soigneux pour rectifier le travail in utero
A contrario, celui-ci ne sait pas toujours tout : par exemple, il ignore que son père biologique n’est pas celui qu’il a vu, donc quand il repère un un accent particulier quelque part, il veut absolument le gommer… La parturiente râle, mais, vous savez ce que c’est ; elle n’a pas toujours gain de cause – au bout du temps imparti, il faut quand même que le travail s’achève, et que l’accoucheur aille un peu s’occuper des autres, il n’a pas qu’elle dans son service, faut pas croire.

Alors, vous me demanderez, à quoi il ressemble, ce petit dernier ?
Eh bien, il vous faudra encore un peu de patience pour en voir le bout du nez. Il est parti se faire habiller (on appelle ça « façonner ») dans un autre rayon. Vous savez ce que c’est, de nos jours, parfois il faut faire des kilomètres pour trouver les compétences  que l’on souhaite. Encore heureux qu’on ne me l’ait pas expédié en Chine ou en Inde pour cela !

Vous avez eu en haut de page un aperçu de la jolie couverture qui l’enveloppera, et de sa silhouette, mais si tout va bien, et que chacun fait sa part du boulot, il fera sa première sortie au soleil lors du Festival du Livre de Nice - avec moi, le vendredi 8 et le samedi 9 juin 2012.


Pas de souci, je vous tiendrai au courant de sa personnalité ici même, avant, dans peu de temps. Mais surtout, pas de cadeaux de naissance – si le nouveau-né vous plaît, je vous le confierai et vous pourrez même l’emporter avec vous. On m’annonce une naissance multiple, alors il y en aura pour tout le monde ;)

Ah, j’oubliais, il a déjà été baptisé (ce qui est un peu surprenant, vu le contexte, je le reconnais), et il s’appelle : LE PRÉSENT DU PASSÉ. Au dessus de son berceau, de prestigieux observateurs…



PS :  Et, oui, vous avez bien deviné qui en a tissé la couverture !

4 commentaires:

  1. Dans Don Quichotte aussi, déjà, les personnages perdent leur nom et en changent en cours de route. Bah! c'est ça le roman, la mémoire et l'oubli. On attend ce beau bébé dont la couverture dessine les membres de pierre. Gloire à toi, Cathie. Mazal Tov. Et mille baisers. albert

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  2. WOW comme on dit chez nous (!) là, je suis aussi bluffée par la comparaison que par la chute de ce message ! Merci cher Albert, de ta confiance quasi-aveugle, quel honneur affectueux tu me fais à nouveau, j'en suis pantoise. Je te souhaite un bon séjour au Salon des Etonnants Voyageurs, un endroit rêvé pour toi, et de nombreux visiteurs !

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  3. Je suis impatiente de faire la connaissance du petit dernier !!! Il me semble bien nommé, joliment habillé, faudra voir s'il a bon coeur aussi, et de l'humour... On en jugera, et on cherchera le sixième orteil, juste pour embêter l'auteur!

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  4. Tu sais combien j'aime tes "petits enfants", alors j'attends avec impatience la naissance de celui-ci, ou plutôt, le moment où je le découvrirai, car le jour prévu pour la présentation de Bébé, nous serons en Cornouailles. Gros bisous

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