En deuil

En deuil

jeudi 27 décembre 2012

La trêve des confiseurs…



…n’est pas que sucrée.
Certes, en cette période de cadeaux, c’est le doux qui l’emporte. On se gave de chocolat, on s’empiffre de macarons et de marrons glacés, on se farcit de dattes fourrées, de mendiants et de fruits confits, on fait échange de ballotins de toutes les variétés de douceurs possibles et imaginables – ce doit être pour se prémunir de la dureté de l’hiver, quoiqu’en notre région tempérée, celui-ci ressemble déjà à une amorce de printemps. On sent frétiller dans l’air une espèce de vibration à la mesure de ces journées qui, subrepticement, se remettent à allonger.

Frétiller ? Justement.
En marge de toutes ces offrandes sucrées, je devrais dire, en sus de celles-ci, je me suis vu offrir quelque chose qui va me permettre de combiner le sucré, le salé et l’acide. Un objet rare et authentique, une pièce de collection, un ajout précieux à ma dînette, et à ma panoplie de plats spécifiques.
Le voici.





Il est écrit « Fische » sur son flanc. Cela dit bien ce que cela veut dire. Ce n’est pas de l’anglais, mais de l’allemand, ce coup-ci. Et cela veut dire « poissons » aussi.
Ce cadeau m’est allé droit au cœur. Voilà un véritable ami, que dis-je, un frère de coeur et de goût, qui sait d’instinct que, derrière mes airs de flotter en toute occasion sur le fil de l’air du temps, je ne fais que nager entre deux eaux et que,  au contraire de mon poisson favori, je rêve d’un enclos au couvercle bien ajusté, où nager dans le bonheur.

Cet objet est parfait : il me permettra de ranger, filet après filet, mes chers harengs, en attendant avec patience que la marinade ait fait son œuvre. La patience, c’est la règle d’or pour l’amateur de poisson. Il en faut pour les attraper, autant que pour les préparer. Ma recette préférée, à base d’huile et d’épices, implique trois semaines d’attente – je ne dis pas que je respecte toujours ce délai. Plus tôt, ils sont déjà très bons. Mais, pour rompre avec la période mielleuse dont je parlais plus haut, et introduire un peu de piquant à ce billet, je vous donnerai plutôt la recette de ma grand-mère : celle des harengs aux vinaigre, car elle comporte sa part de sucre. 
Eh non, on y échappera pas, tant il est vrai qu'aigre-douce est la vie.  

Prenez des harengs fumés, et déposez les dans une terrine (la vôtre, je ne vous prêterai pas la mienne !)
Parsemez les de rondelles de carottes crues.
Dans une casserole faites chauffer 1/3 de litre de vinaigre blanc, avec 1/3 de litre d’eau et 3 bonnes cuillères à soupe de sucre roux. Ajoutez des rondelles d’oignon, une feuille de laurier, un clou de girofle, quelques grains de poivre. Portez à ébullition. Ensuite versez le liquide sur les harengs. Laissez refroidir, puis couvrez les, avant de les placer au frigo. Consommez dans les 24 heures.
Vous serez étonnés de la consistance de la chair des poissons ainsi préparés. Vous pouvez les écraser un peu à la fourchette, et les tartiner sur du pain de seigle (ou des blini) pour un apéritif festif. Effet garanti.


Et pour plus de renseignements sur le hareng, ses bienfaits et son histoire… vous savez quel petit livre je peux vous recommander. Abusez-en !

«Bon bout d’an !» comme on se le dit au pays des amateurs d’anchois. Pas mal non plus, ceux-là, mais je vous en parlerai une autre fois.


3 commentaires:

  1. Mmm ... très savoureux, Cathy !

    En Grande-Bretagne (où j'habite), l'une des friandises les plus populaires à Noël et le Nouvel An sont 'Mince Pies' «tartelettes» (petit gâteaux de Noël).

    Ici, la recette de la BBC:

    Petit gâteaux de Noël


    Pour tout le monde, quel que soit votre goût, apprécier ce que vous faites cuire et manger pour Noël et la nouvelle année.

    Joseph

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  2. J'adore ! Miam et en plus toujours bien écrit ... Un plaisir de te lire
    Bises
    Georgette

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  3. Merci Catherine, vive les harengs ! (en attendant, je mange des rougets).

    Bonne charnière 2012-2013 à toute la famille, bises,

    Maurice

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