En vol

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lundi 22 septembre 2014

WHAT ELSE? POURQUOI PAS : VITE AUTRE CHOSE ?




Alors, comme chacun a pu le découvrir ici, j’ai une admiration sans bornes pour George Clooney et, bien entendu, m’attends à le rencontrer à chaque fois que je pénètre dans le lieu qu’il promeut, à savoir les salons du Club Nespresso.

Il faut avouer que cette marque m’a séduite – et je ne suis pas la seule, à en juger par la foule qui se presse en permanence dans cet endroit "exclusif".

La première raison était que, chez nous, la consommation de café étant assez modérée, ce système de capsules qui gardent intactes toutes leurs qualités s’est avérée un vrai atout.

La seconde étant la facilité et la flexibilité que la machine propose. Certains aiment le café décaféiné, d’autres, semblable à du Ripolin, d’autres encore, un café plus allongé… Il y en a pour tous les goûts au même moment.  Vite fait, bien fait, vite servi.

Troisième argument, et non des moindres, le café ainsi fait est excellent, mousseux et régulièrement réussi, dosé comme chacun l’aime.

Quatrième raison, pour les snobs de mon espèce, le lieu de vente ressemble fort à une bijouterie, et le produit vous y est vendu comme s’il s’agissait de diamants, avec une efficacité redoutable.

Un personnel stylé vous y accueille comme si vous étiez quelqu’un de très spécial, et il faut avouer que l’on se laisse volontiers séduire par cet étalage de pommade.

Sauf que… récemment, j’ai découvert des failles dans toutes ces machines si bien huilées.

Tout d’abord, un ou deux des vendeurs se prennent pour le beau George, en moins élégants à tous points de vue.

Petit dialogue n°1 :
Moi : Je voudrais aussi des  capsules « bleues », c’est du doux, n’est-ce pas ?
Lui : C’est du longo.
Moi : Ah bon ? J’avais oublié.
Lui : Mais ça a toujours été du longo.
(Lui, en apparté : Eh bien si ça doit être comme ça toute la journée…)
Moi : Bon, alors mettez-moi aussi de celui-ci, là-devant. Il est très bon. Mais je croyais que vous ne le faisiez qu’en période de Noël ?
Lui (l’air pincé et arrogant à la fois) : Mais enfin non, nous l’avons régulièrement en rayon depuis au moins deux ans.
Moi : Je ne le savais pas.
Lui (en haussant les épaules) : Mais enfin si, madame, il suffit de regarder. Il est toujours là.
Moi (un peu énervée d’un coup) : Je ne vis pas dans ce magasin, et je ne connais donc pas votre gamme par cœur, excusez-moi !
Lui (pas démonté) : Il vous faut autre chose ?
Moi : Non, ça ira bien comme ça, merci.

Situation n°2.


La machine que j’ai, une Krups (je sais, je n’aurais pas dû, pardonne-moi maman), marche très bien, MAIS elle me pose des problèmes de montage et de démontage. Chaque fois que je sors les pièces pour les nettoyer, elles menacent de se jeter par terre, et en plus, une fois lavées (opération difficile à réaliser, car elles sont bourrées de rainures), c’est un vrai casse-tête pour les remettre en place. J’avoue être un peu gourde, mais enfin, dans ce cas je n’ai pas choisi la bonne machine. La précédente ne m’avait posé aucun de ces problèmes.
Pour tout arranger, elle est très longue et déborde de mon plan de travail si je la laisse perpendiculaire à celui-ci. Ce que, naturellement, je n’avais pas remarqué au moment de son achat. 

Lors d’une autre visite chez Nespresso, je m’approche donc du rayon machines, et admire les nouvelles, plus compactes et apparemment plus simples. Un vendeur alléché s’approche.

Dialogue n° 2.

Moi : Je regarde les machines parce que j’ai une Krups et, à vrai dire, je n’en suis pas très contente.
Lui : Ah bon ? Elles sont pourtant très bien.
Moi : J’avais une Magimix avant, je l’aimais mieux.
Lui : Ah mais madame, c’est exactement la même machine, regardez.
Moi : Peut-être, mais les morceaux de celle-ci me restent entre les mains à chaque fois que je la nettoie. Elle est compliquée à remonter.
Lui : Mais pas du tout, regardez ! (me dit-il, en en laissant à son tour tomber les parties en question qu’il rattrape au vol).
Moi : Ah vous voyez !
Lui : C’est un coup à prendre, c’est tout.
Moi : Eh bien je dois être maladroite, parce que je ne l’ai jamais pris.
Lui : Mais madame, je vous assure que c’est une machine qui est  très simple à utiliser.
Moi (un peu énervée à nouveau) : Peut-être, mais pas pour moi, et je n’ai pas besoin que vous me fassiez remarquer que je ne suis pas douée, quand je le dis moi-même… Et celle-ci, là, elle n’est pas plus simple à remonter ?
Lui (un brin surpris) : C’est la même marque. Magimix et Krups c’est pareil.
Moi : Non, regardez, son réservoir à capsules n’est pas en trois parties, juste en deux, et quand on veut nettoyer la base elle reste en un seul morceau, et elle est bien plus facile à manipuler. Et la marque de celle-ci est différente.
Lui : Mais non madame. (Il la prend, la retourne, la regarde, et se trouve obligé de me donner raison). Ah, oui, peut-être. Mais ce n’est pas la même qualité de pression, celle-là est moins puissante.
Moi (un brin moqueuse à présent) : Alors le café est moins bon ?
Lui : Non, je n’ai pas dit ça. Il est très bon aussi, bien sûr. Mais la machine est moins silencieuse.
Moi : Et moins chère. Mais est-elle vraiment très bruyante ?
Lui : Eh bien, j’ai le droit de vous dire qu’elle est plus bruyante que l’autre. Mais en ce moment, elle est en promotion. Si vous ne la prenez pas maintenant, il faudra attendre la fin de l’année pour l’avoir à ce prix. 
Moi (en me posant des questions sur ce qu’il n’a pas le droit d’avouer) : Merci. Je vais réfléchir.

Il n’était pas méchant, le brave garçon. Juste mal-léché, et persuadé que la cliente n’est qu’une idiote à qui l’on peut raconter n’importe quoi. Ou alors, comme son collègue, il se la pète grave, rien que parce qu’il porte un costume (fort ringard). Et qu’il est persuadé que la suprématie de son employeur durera pour l’éternité et un jour. Et qu’il pense être aussi mignon que George Clooney (no comments), dont il est loin d’avoir le sens de l’auto-dérision.
D’où les dialogues de sourds précédemment retranscrits, dans lesquels la cliente a toujours tort, même quand elle a raison, et surtout dans ce dernier cas.

Alors je commence à en avoir ras-le-bol de cette frime-là. Et puisqu’on me dit 1) que ledit George Clooney va continuer à placer ses petits copains, et que 2) va arriver sur le marché une variété de capsules réutilisables et recyclables, à remplir soi-même avec du café moulu de son choix, eh bien, je vais vraiment réfléchir, et me demander si je dois continuer à laisser tomber des morceaux de cafetière par terre, ou bien choisir de me retrouver avec le sol de la cuisine recouvert de café en poudre que j’aurai eu le plus grand mal à caser dans de minuscules capsules de mes petits doigts toujours fort maladroits. (C’est dit).

Mon Rubik' Cube, version domestique pas domestiquée

Jolie leçon d’économie, et d’écologie : Je crois que quand ma machine au nom canon rendra l’âme, je me rachèterai plutôt une cafetière à filtre, et me remettrai à moudre moi-même mon café, comme quand j’étais petite et que je me pinçais la peau des cuisses en la maintenant coincée… Ça me rajeunira !


Image prise sur ce site. Mais son prix risque quand même d'être dissuasif !


Argh, on est vraiment pistés. À peine avais-je terminé mes recherches sur internet pour ce billet que j'ai reçu un mail d'une boîte (sic) du nom de "Coffee Box" me proposant des capsules compatibles avec celles qui sont en position de quasi-monopole. Céderai-je ? 


4 commentaires:

  1. Puis-je faire une suggestion, Catherine? Allez acheter une théière (marque britannique plutôt que la marque allemande) et boire du thé!

    Juste un peu de lait et un peu de sucre si vous le souhaitez. Puis, allez et apprécier l'instant et vous oublierez M. Clooney.

    Tea time: "when everything stops for tea". Mmm.

    Bonne dégustation (café ou thé)!
    Joseph

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    1. Cher Joseph, je suis une grande buveuse de thé, c'est la raison pour laquelle le café s'évente chez moi, il reste entamé trop longtemps ! Mais je ne peux qu'adhérer à votre conseil, même s'il implique que je m'arrête un peu trop souvent dans le courant d'une journée !
      Nothing beats a nice cuppa!

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  2. Belle illustration des limites du marketing snob et frime... Même si le café est délicieux et les boutiques ravissantes, ils ne vont apparemment pas jusqu'au bout de leur concept superchic : des vendeurs stylés. La bijouterie prend ainsi des airs de bazar. Heureusement, un des ces jours, moudre son café à la main deviendra le comble de la branchitude !

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  3. Tout à fait ! Je crois bien que le retour à l'essentiel est ce qui va devenir le summum de la branchitude. À suivre, sur ce sujet, dans quelque temps !

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