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Image de la superbe chaise de l'artiste SAB

jeudi 5 décembre 2019

NICE Coop' : pour consommer autrement.


Tout le monde parle de consommer local, de favoriser les circuits courts, et l'agriculture bio, ou raisonnée. Mais avouons que nous ne savons pas toujours comment procéder pour devenir ces citoyens raisonnables que nous rêvons d'être. 

Et voilà qu'à Nice il y a une façon très simple de mettre en accord nos idées et notre consommation d'un certain nombre de produits alimentaires, et autres... 


Il suffit de les acheter par l'intermédiaire de NICE Coop', dont je vais vous raconter le parcours, tel qu'il m'a été décrit par mon amie Valérie Mathieu, qui s'y consacre avec enthousiasme. 

Comme toujours, une idée germe quelque part avant de pousser ! En l'occurrence c'est à Brooklyn (USA) en 1973 que s'est ouvert le premier supermarché coopératif, appelé "Park Slope Food Coop", qui a pour but de donner aux consommateurs une alternative aux supermarchés traditionnels, pour toutes les raisons que l'on connaît à présent. 

À Nice, l'idée de décider soi-même de ce que l'on a envie de mettre dans son assiette, et de créer un contre-pouvoir face aux hypermarchés a continué de germer, pour aboutir à la création, en 2016, d'une association : NICE Coop'

Donner aux consommateurs la possibilité de trouver des produits sains, accessibles, locaux, provenant de circuits courts, voilà l'objectif du groupe qui est à l'origine de cette révolution alimentaire. Lesquels produits sont achetés avec une marge de 20% aussitôt ré-injectée dans le fonctionnement de l'association. Inutile de préciser que celle-ci fonctionne grâce au travail de ses adhérents, qui sont aujourd'hui au nombre de 180. Ah oui, quand même !

Le projet est basé sur une logique égalitaire et démocratique :
Une coopérative, comment ça marche ? Ce type d’entreprise fonctionne sur un principe simple : "Chaque coopérateur achète et possède des parts sociales du magasin. Les coopérateurs sont égaux : 10 parts = 1 voix = 1 personne. Et chacun donne de son temps (3 heures par mois) pour assurer les différentes activités nécessaires à son fonctionnement." 

NICE Coop' dispose d'un local, situé 42 rue Vernier, mais ce n'est pas encore un magasin, au sens où on l'entend habituellement. Il n'y a pas de caisses enregistreuses, ni de vendeuses, ni de musique d'ambiance (quelle chance !). C'est juste un lieu où, après avoir commandé vos produits sur internet, vous irez les chercher à une date convenue. La prochaine étant le 14 décembre. 

Pour commander, il suffit de se rendre sur le site de cagette.net, de s'inscrire, et de choisir les produits souhaités. Vous les paierez par virement, ou sur place (rue Vernier) en espèces ou par chèque. Le nombre restreint d'intermédiaires et l'absence de salariés permettent aussi de diminuer les prix, tout en rémunérant correctement les fournisseurs-fabricants. 


Mais j'entends votre question : que peut-on acheter ? La question est quand même d'importance. Alors, pour l'instant pas de fruits et de légumes, ni de produits frais. Mais des produits naturels, peu transformés et des conserves fabriquées artisanalement à partir d'ingrédients de grande qualité. 


À droite sur la photo, mon amie Valérie, 
et à gauche Mylène, une bénévole venue 
avec son joli bébé qui crapahutait par terre 
pendant que les adultes s'activaient !

Par exemple : des noix de Grenoble, de l'huile d'olive, de noix, des confitures, des jus de fruits, des biscuits, du miel, des cornichons russes Malossol tout ce qu'il y a de français (une tuerie !)... 


... et pour les plus niçois d'entre vous, des chips de socca... bio (!), des conserves de légumes de chez "Karine et Jeff",  et plein d'autres choses délicieuses qui vous font saliver rien que les regarder sur les étagères. 





On n'a pas dit que les produits mis en vente
faisaient perdre du poids !

On y trouve aussi des produits d'entretien et d'hygiène, tels que savons, crèmes, brosses à dents recyclables etc. 

D'une manière générale, "les choix de produits sont définis par les membres : ils portent sur la qualité et sont sélectionnés avec des exigences gustative, nutritionnelle et sanitaire afin de favoriser le développement de filières durables et responsables."


Comme dans le cas de ce café...

Certes le lieu est encore spartiate. Tout juste installé, les murs repeints de frais, dans un local situé rue Vernier*. J'y ai été accueillie par un groupe d'adhérentes occupées à fabriquer... des "tote bags" à partir de vieux T-shirts ! L'idée étant de les offrir aux généreux participants à la campagne de financement qui a été lancée, et dont l'échéance arrive bientôt, à la mi-décembre.  




J'ai admiré leur talent de récupératrices et leur imagination créatrice tout en prenant les notes que je restitue ici pour vous. 

J'ai dit campagne de financement participatif ? Eh bien oui, et en voilà le lien. N'hésitez pas à donner, ne serait-ce que 5 euros : la cause en vaut la peine, autant que les textiles ainsi recyclés ! 

Et puis, amis niçois et amies niçoises, répandez autour de vous la nouvelle de cette entreprise citoyenne. Par les temps qui courent, la solidarité alimentaire ne peut que faire du bien !


* * * * * * * 


*Le propriétaire (l'évêché de Nice) leur a accordé quelques mois de loyer gratuit au vu des travaux à réaliser et une première année avec un loyer réduit.




4 commentaires:

  1. Agréable surprise de te voir impliquée dans ce projet qui mérite d'être soutenu car le concept est génial : coopératif, local, de qualité, alternative aux grandes surfaces et même aux magasins bio qui pour la plupart, sont aussi du business. J'ai assisté à une réunion d'information. Il convient tout de même de préciser que ça ne fonctionne que si les adhérents donnent de leur temps. Le principe est de 3 heures par mois minimum et il est difficile à appliquer, c'est un des problèmes de ce type de structure qui ne veut pas faire de flicage et n'a pas les moyens de "pointer" ce que donne chaque adhérent. Mais si on y vient juste pour avoir de bons produits pas chers, en consommateur, ça ne peut pas marcher, il vaut mieux le savoir. Je n'ai pas encore adhéré car je veux être sûre de le faire en m'engageant dans un bénévolat régulier, ça me paraît faire preuve d'un minimum d'honnêteté.Sinon, je me contenterai de participer au financement.

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  2. Ah, oui, bien sûr. Merci Monique, de l'avoir précisé ! Ceci pour ceux et celles d'entre nous qui auraient un peu de temps libre à consacrer à ce projet. La participation financière, quant à elle, ne prend pas longtemps !

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  3. Ça alors, Cathie ! Il se trouve que j’ai connu assez bien le Park Slope Coop car j’ai une amie qui habitait tout près dans les années ‘90 et qui en était membre (avant de se remarier et d’aller vivre à Manhattan). Je savais, par contre, qu’il n’était pas toujours facile d’en faire partie, et qu’il y a eu pas mal de remous de tout ordre dans la vie de la coopérative. Cela correspond bien au caractère d’un quartier de plus en plus huppé où la tyrannie du « politiquement correct » ne pouvait pas ne pas faire une apparition…
    Merci d’avoir fait part de cette belle initiative, et qui me surprend un peu dans une ville comme Nice… dont je dois surestimer le conformisme. Nous irons voir !
    En même temps, j’ai des amis qui ont organisé ou qui participent à d’autres expériences en matière d’approvisionnement aussi direct que possible du producteur au consommateur. Par exemple :
    https://fr.yelp.be/biz/march%C3%A9-bio-des-tanneurs-bruxelles
    Puis, voici une autre nouvelle qui fait réfléchir. Il s’agit d’un établissement universitaire américain, Berea College, régi par des principes comparables de vie participative : https://www.bbc.com/news/world-us-canada-50551565
    L’humain survit encore, il n’y a pas que Trumpisme et Trumperie !

    Peter

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  4. Passé devant, pas eu le temps de m'arrêter...le temps de rien. ça a l'air bien, je vais aller y faire un tour...

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