mercredi 15 février 2012

HOMMAGE À L'ARMÉE DES OMBRES

Cette semaine je suis heureuse d'héberger un collègue blogueur de WW2 THE SECOND WORLD WAR - qui rend hommage à un membre de l'Armée des Ombres. Voici sa contribution. 



Gratitude: L'armée des ombres




Photographies:
1. Une jeune résistante de Lanvollon, Côtes d'Armor, Bretagne.
Mlle Monique Marchais à Whitehaven, en 1946.


2. Port de Whitehaven, Cumberland



[Mlle Monique Marchais, résistante est venue ici en 1946]
(Merci à "Whitehaven News", hebdomadaire britannique)


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Qui se souvient du film de Jean-Pierre Melville «L'armée des ombres» (1969) avec Lino Ventura et Simone Signoret? Le film est une adaptation du roman du même nom de Joseph Kessel.

Il s'agit d'une représentation fictive d'un réseau de résistants pendant l'Occupation. Bien sûr, ce film est peut-être un conte fictif. Mais, on peut voir tous les éléments de la vraie histoire de France sous l'Occupation allemande, en particulier:
- les réseaux de résistants
- les gaullistes
- les pétainistes
- le maquis
- les voyages clandestins
- la traîtrise
- les tortures
- les tickets de rationnement.
- la Gestapo (la police secrète nazie).

Pendant la guerre il y avait une véritable armée des ombres à travers toute la France. Les soldats de cette armée clandestine ont pris de grands risques. Certainement, il faut demander la question « Pourquoi ? » Pour assister les soldats alliés ou les aviateurs d’évader les Allemands. Un bon nombre des soldats de cette armée secrète étaient femmes.

Après l'Appel du 18 juin (1940) par Général de Gaulle à Londres, c’était la continuation de la lutte pour la liberté. Lorsque l'affiche proclamant l'appel a été imprimée, il a commencé avec la citation suivante du général de Gaulle:
« La France a perdu une bataille, mais la France n'a pas perdu la guerre ».
Ainsi, la naissance de la résistance était une façon de montrer que la France n'avait pas perdu la guerre. La résistance continuera la lutte.

Souvent, il était nécessaire pour ceux enrôlés dans l'armée de l'ombre d’accueillir des soldats alliés ou des aviateurs dans leurs propres maisons. Pour la plupart, les individus et les familles qui ont aidé les militaires, ils ont participé à la Résistance dès le début. Beaucoup d'entre eux ont été trahis - souvent par des voisins. Entre les mains de la Gestapo – leur sort n’était pas bon ! Quel était l'avenir pour un résistant dans les mains de la Gestapo? On pourrait choisir parmi d'une liste de possibilités : parmi eux l'emprisonnement, la torture, la déportation, l'exécution ....! 

À mon avis, nous devrions nous rappeler et honorer ceux qui appartenaient à l'armée des ombres pendant la guerre. Nous devrions nous rappeler leur histoire, leur courage et les sacrifices qu'ils ont consentis pour les personnes d'un pays différent. Si nous recherchons la vérité, l'histoire nous fournit de nombreux exemples de l'héroïsme de ceux dans l'armée des ombres.

Récemment, je suis tombé sur l'histoire d'une famille française, les Marchais de Lanvollon, Côtes d'Armor, Bretagne. En octobre 1946 un journaliste a fait une interview avec Mlle. Monique Marchais, résistante, dans l’hebdomadaire local pour ma région ("The Whitehaven News’’ / ‘‘Le Courrier de Whitehaven"). Selon Mlle. Marchais, après la catastrophe de Dunkerque en juin 1940, sa famille avait caché plusieurs soldats britanniques pendant quelques semaines. Puis, elle avait aidé les soldats à traverser la Manche.

Le père de Mlle. Marchais, M. André Marchais était receveur des postes du village à cette-époque. En 1942, une femme française d'un village voisin a dénoncé M. Marchais et il a été arrêté par la Gestapo. Plusieurs semaines plus tard, la Gestapo l’a tué dans un camp de concentration en Allemagne.

Un des soldats aidés par les Marchais était un soldat de deuxième classe venu de ma ville natale de Whitehaven, Cumberland (G-B.) Malheureusement on ne sait pas le nom du soldat. En 1946 il a décidé d’être ‘anonyme’.

Néanmoins, il s’est souvenu de l’assistance de la famille Marchais, quand il avait besoin d’amis en juin 1940. Donc, après la guerre Mlle. Monique Marchais, qui avait 24 ans en octobre 1946, est restée avec la famille du soldat à Whitehaven. Aussi, pour Mlle. Marchais, c’était l’occasion d’apprendre la langue anglaise avant de passer à étudier dans un collège de formation des enseignants à Paris.

La gentillesse de la famille Marchais n'avait pas été oubliée par l'un de ceux qu'ils avaient aidés. En fin de compte, ils avaient sauvé ce soldat sans nom. Il est retourné à son foyer et sa famille. On n’oublie pas l'amitié et la gratitude d’une étrangère aux temps de péril. L’amitié reste pour toujours!   

Cependant la gratitude d'une personne à l'autre, d'une famille à l'autre, d'un pays à l'autre ne doit pas être oubliée. Moi aussi, je voudrais rendre hommage à Mlle Marchais, sa famille et les milliers d'autres hommes d'ailleurs et des femmes ordinaires de nombreux de ports de l’armée des ombres. Personne qui a des amis n’est  un étranger.

Enfin, il faut nous poser cette question: Saurions-nous faire le même sacrifice aujourd'hui que la famille Marchais et bien d'autres pendant les années de guerre? J'espère sincèrement que la réponse sera "Oui!"

Critique de «L'armée des ombres»  

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À la mémoire de: Monsieur André MARCHAIS (1891 - 1942),
Martyr de la Résistance

Détails biographiques:

Nom : André Edouard MARCHAIS,
Naissance : Le 28 mai 1891 à Bordeaux dans la Gironde,
Mariage : Marié, quatre enfants,
Patrimoine : Parents habitaient Arcachon dans la Gironde,
Occupation (1940) : Receveur des Postes à Lanvollon.

Service militaire (1914 - 1918) :

Ancien combattant de la guerre 1914-1918, deux blessures le 2 août 1914 et le 13 août 1918,
Décorations : Croix de guerre et médaille militaire.
Service (1940 - 1945) : Résistant, membre du réseau Georges FRANCE.

Détails de condamnation (1942) :

Arrêté par les Allemands le 1er juillet 1942 à 9 heures 30 à la poste de Lanvollon par trois officiers.
Jugé une première fois à Fresnes, condamné à mort, puis gracié.
Jugé une seconde fois à l'hôtel Continental rue Boissy d'Anglas à Paris 8ème le 27 juillet 1942.
Condamné à mort, interné en cellule à Reinbach.
Décapité à la hache à Cologne par les Allemands le 20 octobre 1942.

Monuments aux morts (Après-guerre) :

Plaque d'André MARCHAIS au bureau de la Poste de Lanvollon
Monument de Jean Baptiste LEGEAY à Quistillic en Pléhedel
Plaque de Madame Alexandrine TILLY Botlézan en Bégard
Stèle des Résistants et Déportés, place de l'Eglise en Langoat
Stèle de la chapelle Saint-Sébastien en Plestin-les-Grèves
Monument Cantonal de la Résistance en Plestin-les-Grèves

Voir aussi:


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Ritsonvaljos
(février 2012)
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