En vol

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jeudi 14 avril 2011

Filles, mères et fils....


Voilà ce qui figure sur la 4ème de couverture du livre de Véronique Moraldi :



« La relation mère-fille est une histoire d’amour particulière qui peut parfois devenir le lieu de bien des abus et des souffrances. Avec originalité et une dose d’humour, l’auteure analyse cette relation et ses dérives. Elle met en garde contre les pièges de la fusion identitaire, décrit la rivalité parfois poussée à l’extrême et dépeint la violence de la différenciation qui survient quand mère et fille doivent inévitablement se distinguer. Elle explique également les conséquences d’avoir eu une mère difficile sur le développement des filles, mais surtout, elle donne des conseils concrets pour toutes celles qui veulent améliorer leur relation. »


C’est autour de ce travail remarquable qu’a eu lieu, le 8 avril dernier, une rencontre entre l’auteur, psychologue et conférencière, et le public, à la Galerie Valperga, à Nice – dans le cadre de ce qui est joliment intitulé « Café de la Parole ». Le thème en était :

« l’amour en mouvement »

Véronique Moraldi est en chaire ce qu’elle est en chair et en os : Une passeuse en douceur, une voix sage et posée, une oreille attentive, un visage serein, et une pensée claire. Elle est pertinente et efficace dans sa transmission de ce qui devrait être évident à tout être humain - femme ou homme, parent ou pas –, mais tellement difficile à mettre en pratique : à savoir que l’amour est écoute ; attentif, respectueux, gratuit. Et que si chacun, et chacune, sait garder sa place, l’échange sera constructif au lieu d’être destructeur, nocif.

Mais voilà ! On a beau le savoir, les remarques qui fusent, les questions posées, les témoignages offerts révèlent presque tous la douleur profonde qui sommeille en tant d’enfants adultes face à la relation qui les a unis à (ou éloignés de) leur propre mère. Oui, la souffrance semble venir plus souvent de la fille que de la mère, et pourtant que de mères à la blessure silencieuse ! Aucune ne se manifeste ce soir-là, je le note, ce sont des filles qui parlent, et quelques fils.

On est le témoin involontaire, impuissant, parfois gêné, mais toujours intéressé, de questionnements intimes auxquels Véronique Moraldi fait de son mieux pour répondre sans aviver la douleur, et sans transformer ce « débat » en séance privée. Elle renvoie le particulier au général, en évitant de blesser quiconque, pour faire de ce particulier un cas d’école susceptible d’être utile à chacun des participants.

L’assemblée est majoritairement féminine, mais quelques hommes y prendront la parole, pour y révéler les mêmes fragilités, les mêmes questionnements. En doutions-nous ?

Rassurant, aussi, d'entendre dire que rien n'est inéluctable, que les pires situations peuvent être surmontées, car chacun d'entre nous porte en lui, en elle, une image idéale de parent et peut se doter d'un tuteur qui lui permettra de pousser plus droit.

En toute fin de conférence, au moment de passer au « verre de l’amitié » annoncé par les organisateurs, une jeune femme placée derrière moi intervient, pour dire le bonheur d’une relation harmonieuse entre mère et fille, et son espérance...

Me retournant un instant, je vois son visage épanoui, sa pose alanguie, et deux jolies mains posées sur son petit ventre rond.

Je suis partie sans participer aux agapes annoncées, mais je me suis réjouie d’avoir su bousculer mon quotidien pour engranger dans ma mémoire le message si humain de Véronique Moraldi, et le ravissant cliché d’une maternité à venir.


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La fille de sa mère - Les Éditions de l’Homme, 2006

Le fils de sa mère – les Éditions de l’Homme, 2008

Le "Café de la parole" a lieu au 1, rue Valperga, à Nice. Contact : cafedelaparole@gmail.com


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(En ce qui me concerne, et pour attiser un brin la curiosité de mes lecteurs en le signalant – je remarque avec intérêt que ce que j’ai entendu dire ce soir-là, à propos de la transmission trans-générationnelle, est furieusement en rapport avec le thème d’un roman que j’ai terminé, et qui doit sortir très prochainement. Où est le hasard ?)

2 commentaires:

  1. Merci, Cathie, pour ce compte-rendu qui me touche particulierement. Ton blog m'ouvre des horizons, quelle bonne idee que ce Cafe de la Parole. Il en faudrait un dans chaque quartier. Et le livre de Moraldi est sur ma liste des mon arrivee.

    A bientot, de vive voix, Suzanne

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  2. Café de la parole16 avril 2011 à 23:34

    Merci Cathie pour ce très bel éloge de Véronique Moraldi. Vous l'avez bien décrite "une passeuse en douceur, une voix sage et posée, une oreille attentive, un visage serein, une pensée claire"... et bien plus encore !!!
    Elle nous a enchantés, interpelés, bousculés en douceur, a touché tous les enfants de mère que nous sommes mais aussi les mères de nos enfants et parfois aussi de nos mères.

    Au Café de la Parole, nous parlons d'amour en mouvement. Ici, il était questions de la relation d'amour entre mère et fille mais aussi mère et fils. Nous avons évoqué à d'autres soirées "l'alchimie de l'amour", "la musique de l'amour", "l'amour en tradition",...
    Pour ceux que cela intéresse de parler d'amour, vous pouvez laisser vos coordonnées sur cafedelaparole@gmail.com
    Raynalde Guillot, co-fondatrice du Café de la Parole avec Pierre Fasquelle.

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