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jeudi 31 janvier 2013

XVIème FEMIN' ARTE à Antibes




OYEZ, OYEZ !

- Le 9 mars 2013

Avec LA RETRICOTEUSE en particulier, je participerai au XVI ème FEMIN'ARTE, à Antibes, un événement qui se déroulera du 6 février au 9 mars. Voir le programme détaillé ici. Vous y noterez, entre autres, la présence et la participation de Laurence Dionigi et Christine Baron.


En prévision de vos rencontres à venir avec des artistes divers(es) et varié(e)s, je vous fais part de ce billet d'humeur, qui  me permettra de vous exprimer ma gratitude, et celle de mon artiste maison, si vous en tenez compte ! 


LES REMARQUES ET LES QUESTIONS 

QUI (NOUS) TUENT !



Leçon de bonne communication :

 Comment caresser l’ego d’un artiste 
dans le sens du poil

(et/ou de la plume)





Un peintre ou un écrivain, tout amateurs qu’ils soient, se trouvent face à leur public quand ils exposent leur travail. C’est la loi du genre. Et donc, ils entendent des choses qui parfois les font sourire, les touchent, mais parfois leur donnent envie de mordre. Je vous laisse deviner ce qui peut provoquer quoi dans le florilège ci-dessous. Et si vous vous reconnaissez… tant pis, et pardonnez-nous, moi j’ai oublié qui a dit quoi !

-       1. C’est sympa ce que vous faites.
(Ça c’est la pire. Genre, oui, pas mal, habile, léger, distrayant – mais rien de génial derrière. Or, c’est au génie qu’on aspire tous, en secret, alors se faire rappeler que ce n’est pas le cas, même si on le sait, pas top !)

La prochaine fois dites plutôt franchement : «J’aime pas vraiment », ou mieux, « Ça me plaît bien 


-       2. Vous avez mis combien de temps à écrire ce livre ?
(Comme si on était aux JO, un chronomètre à la main ! On n’en sait rien, combien de temps ça nous a pris, s’il faut, 50 ans, le temps que l’idée mûrisse et tombe – et ensuite, les nuits passées à gamberger, ça compte ?)

La prochaine fois, dites plutôt : « Vous devez être contente qu’il soit enfin publié ! »


-   3. Comment vous faites pour trouver les idées ?
(Variante : Où tu vas chercher tout ça ?)
Ben… 
Non, mais en fait, cette question-là est sérieuse, et je vous avouerai que je l'aime beaucoup, parce qu'elle me force à un peu d'introspection, a posteriori. Ceux qui la formulent ont vraiment envie de savoir ce qui différencie la réalité du passage à la fiction, et je les comprends : je me pose la même question depuis que je sais lire !

La prochaine fois, dites plutôt : « Cela vous amuse d’observer les gens ? », mais ce n'est pas obligatoire.


-    4. Vous y passez beaucoup de temps ? Vous avez un emploi du temps strict ?
(L'emploi du temps, j'ai donné. J’écris quand ça me chante et quand c’est urgent que je le fasse. Comment expliquer ça, et dire que ça passe avant l’entretien de la maison, sans passer pour une souillon, ou un amateur de seconde zone ?)

La prochaine fois, dites plutôt : « Est-ce qu’écrire est vraiment votre priorité absolue ? »


-      5.  J’aime beaucoup ce que vous faites… Vous pouvez me dire comment joindre votre éditeur ?
(‘Flattery will get you nowhere’ variante anglaise, et inversée, de « Tout flatteur vit aux dépens… »)

La prochaine fois, dites plutôt : « Si j’écrivais aussi bien que vous, je demanderais à votre éditeur de me publier !  Il est dans le coin ? Ah, c'est le monsieur qui a l'air si sympathique, là-bas ? »

-      6.  C’est pas mal ce que vous écrivez, mais j’aime mieux quand vous faites des conférences.
(Pan sur le bec ! Une manière qui se veut élégante de me dire que je ferais mieux de cesser de gribouiller !)

La prochaine fois, dites plutôt : « C’est quand, votre prochaine rencontre avec vos lecteurs, que j’en note la date ? »

-       7. Je ne prends pas votre livre tout de suite… Mon amie l’a acheté.
(Venant d’une dame dont la tenue crie « euro-million ! », c’est un peu contrariant aussi. On a beau savoir que les livres se prêtent, se partagent – et c’est bien ainsi – on aimerait mieux que cela ne se dise pas si clairement à leur auteur, sur un stand !)

La prochaine fois, dites plutôt : « Il est tellement bien votre roman, que tout le monde a envie de le prêter ou de l’offrir »

-      8. Vous n’en avez pas assez de parler de la guerre ? / Vous n’en n’avez pas assez de peindre des horizons ?
(NON).

La prochaine fois, dites plutôt : « Quel sera le thème de votre prochaine recherche ? »

-       9. Les nouvelles, ça ne se vend pas.
(Rengaine connue. Heureusement qu’elle ne décourage pas Eric-Emmanuel Schmitt. Ni moi. )

La prochaine fois, dites plutôt : « À quand un roman fleuve dans la même veine ? »

-     10. Vous savez qu’on ne donne pas de titres aux tableaux, et qu’on ne les signe plus ?
(Ça pue son snob, qui ne regarde même pas ce qu’il y a sur la toile, puisque ce tableau n’est pas au MOMA.)

La prochaine fois dites plutôt : « Inhabituelle, cette forme de classicisme désuet. »


-       11. Moi aussi j’ai envie d’écrire un livre / de me mettre à peindre.

(Et moi de gagner le Fémina / d'exposer au MOMA).



La prochaine fois, dites plutôt : « Avez-vous été encouragé(e) par un autre auteur / peintre, une fois ? »

-      12.  Ah bon, ce n'est pas autobiographique ?
(Si la personne me connaît, cela m’énerve qu’elle se fourvoie ainsi. Si ce n'est pas le cas, ça passe déjà mieux, mais j’aimerais bien qu’on sache qu’il existe une différence entre auteur et narrateur !)

La prochaine fois, dites plutôt : « C’est tellement criant de vérité qu’on ne sait pas si c’est de la fiction. »

-    13. Ça m’a fait penser à du… 
(Suivent des noms d'auteurs dont certains ne m'inspirent guère d'admiration. Si on me compare à Margaret Atwood, je prends. Mais la plupart de mes interlocuteurs ne l'ont pas lue, alors ils ne peuvent pas savoir tout ce que j’ai appris d’elle. Remarquez, parfois le parallèle est très très flatteur tout de même !)


La prochaine fois, dites plutôt : « On aime que vous ayez lu de bons auteurs ! »


-       14. C’est bien, comme ça tu ne t’ennuies pas à la retraite.
(Ça, c’est la flèche qui tue vraiment, avec sa variante « Si ça t’amuse… » On n’écrit pas, on ne peint pas pour se distraire, ni parce qu’on ne sait pas pêcher à la ligne, mais parce qu’on ne peut pas faire autrement. Pas très modeste, mais ressenti.)

La prochaine fois, dites plutôt : « C’est bien de trouver sa voie à n’importe quel moment de sa vie ! »



15. Vous avez utilisé de la peinture pour ce tableau ?
(Oui, et c’est justement pour ça que ce n’’est pas de la merde. - Faut pas pousser quand même !)


La prochaine fois, ne dites pas non plus, en voyant plusieurs tableaux de styles différents accrochés les uns à côté des autres : 
« C’est de la technique mixte ? »


ALLEZ, VOUS SAVEZ, AU FOND, ELLES NOUS PLAISENT BIEN, TOUTES CES QUESTIONS ET REMARQUES, PARCE QU'AU MOINS, EN CES TEMPS DE REPLI, ELLES SONT LE SIGNE ET LE DÉBUT D'UN ÉCHANGE ! 

Et puis, rassurez-vous, les journalistes les plus professionnels ne demandent pas souvent autre chose aux vedettes qu'ils interviewent... Alors...


Tableaux présentés avec l'aimable autorisation de Jacques Lefebvre-Linetzky. 

7 commentaires:

  1. Ah ah j'aime ton humour
    Bises
    Georgette

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  2. J'en connaissais déjà beaucoup de ces remarques, pour les avoir entendues de la bouche de Jacques ou de la tienne. Ta présentation est très personnelle et pleine d'humour. Suggérer des commentaires plus appropriés, c'est trop drôle. Tu crois que certains vont s'en inspirer ? Si "oui", tu vas bien rigoler !
    N'oublie pas que beaucoup ont un vocabulaire réduit au minimum, et que donc le mot "sympa" peut exprimer des tas de choses. Non ? Je ne les défends pas : c'est gravissime, mais ça a tendance à se répandre...
    Courage ! Ton humour aura toujours le dessus !
    Bisous. Michou

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  3. Face à toutes ces questions, moi je choisis le gefilte fish - ça peut faire une réponse, ça, Cathie? -, en français on traduirait par muet comme une carpe.
    Albert

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  4. J'adore vos commentaires les amis - oui, je vais bien rigoler le jour où on me re-servira ma soupe - quant au mutisme, je voudrais vraiment en être capable. Hélas. Je suis plutôt du genre gallinacé qui caquète, pas moyen de me la fermer ! La paille et la poutre ?

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  5. ...Continuez ainsi...En ce qui me concerne, c'est à chaque fois une occasion de faire de belles rencontres avec les mots, les textes,les histoires, les couleurs et les impressions.
    Tant pis pour ceux qui se sentent obligés de faire des commentaires creux et qui ne savent (ou ne peuvent) pas apprécier.
    Sylvia

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  6. Très drôle et plein d'esprit, Catherine ! Ça m'a fait très plaisir ! Merci beaucoup.

    Rappelez-vous: 'une image vaut mille mots' !
    (En anglais : 'a picture paints a thousand words' !)

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  7. C'est vital de pouvoir exprimer sur la toile ou avec des mots ce que l'on a au plus profond de soi.....vous avez de la chance d'avoir le don pour le faire alors continuez à le faire partager ne gardez pas ces talents pour vous.
    affectueusement
    denise

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