Ceux qui voyagent par avion connaissent bien la
chanson que nous roucoulent les compagnies "low cost" pour nous
attirer, nous-autres pigeons, à nous envoler avec elles. Les prix cassés sont
assortis d’offres de location de voiture, d’hôtels bien placés, et de tout un
assortiment du même acabit. Ce que la pub ne nous dit pas d’emblée, mais que
nous avons appris à découvrir, c’est ce qu’il faut rajouter au prix de base
afin de pouvoir : emporter ne serait-ce qu’une valise normale ;
réserver un siège qui donne le droit d’être assise à côté de son compagnon de voyage ;
manger ou boire quelque chose (de très mauvais) ; embarquer plus vite
– et ceux qui ont un jour fait l’expérience de l’attente dans une file énorme à
l’aéroport de Gatwick comprendront que c’est là chose désirable – ; quitter
dans les premiers ce siège si peu confortable ; utiliser une carte
bancaire bien définie, pas une autre ; et pourquoi pas, utiliser les toilettes à bord…
En vol
Image de la superbe chaise de l'artiste SAB
lundi 31 octobre 2016
dimanche 23 octobre 2016
PAS MIEUX AVANT, MAIS PAS TOUJOURS PIRE NON PLUS.
Non, je ne reprends pas
ici un billet antérieur sous une forme différente. Quoique…
C’est l’actualité, comme souvent, qui me fait
réagir, et notamment celle qui touche à mon domaine de prédilection, à mon
centre d’intérêt primordial – j’ai nommé celui de l’écriture.
Et ma réaction a été vive, instantanée, à l’annonce
du lauréat du Prix Nobel de littérature 2016. J’ai éclaté de rire, en me
demandant si les membres de cet illustre jury subissaient à leur tour les
effets des substances consommées par leur chouchou, et si la nostalgie de leur chevelure fleurie (pour ne pas dire
leur barbe) les avait embués au point qu'ils en aient oublié ce que représente la notion de
littérature, en tout cas pour le monde cultivé qui la respecte. Mais non, ils
avaient fait preuve du plus grand sérieux en couronnant de couronnes suédoises
un barde rebelle du vingtième siècle.
lundi 3 octobre 2016
"EUGÈNE FIDLER - Terres mêlées", à MOUANS-SARTOUX
COMME ANNONCÉ,
ET EN VOILÀ L'AFFICHE :
Cette année vous ne me trouverez pas dans la section A du Festival où se trouvent toutes les vedettes ! Il vous faudra explorer la zone B, comme "Beaux Livres" - mais je suis persuadée que vous ne regretterez pas cette incursion-là.
Je serai heureuse de rencontrer lors de ce nouveau Festival de Mouans-Sartoux tous ceux qui s'intéressent à la fiction, aux regards sur le quotidien, aux nouvelles, à l'art, aux tours et détours de la biographie et qui, en général, sont avides de découvertes atypiques.
À bientôt donc !
NB : J'y serai en priorité le vendredi et le dimanche. Le samedi est encore en suspens, donc suspense !
~~~~~~
Parce que le retour de certains lecteurs est exceptionnel, je poste celui-ci à nouveau, sans la moindre modestie, mais avec une infinie gratitude envers l'amie universitaire qui l'a posté en deux langues sur le premier billet relatif à TERRES MÊLÉES.
"J'ai adoré ton hommage à ton père. C'est sans aucun doute le texte le plus abouti et le plus exigeant que tu aies jamais écrit. Je ne parviens même pas à comprendre comment tu y es parvenue. C'est un exercice d'équilibriste, quasiment impossible à réaliser. Et un travail d'amour, de reconnaissance, et de profonde perception, pas seulement de la vie, mais aussi de l'œuvre d'Eugène Fidler. Cathie, je ne dis pas cela en tant qu'amie. Ce livre est un chef d'œuvre.
I so loved your tribute to your father. This ought to be one of the finest and most difficult pieces of writing you ever produced. I can’t even begin to comprehend how you’ve achieved this. An almost impossible balancing act. And a labor of love, grace, and deep insights – not just into the life but into the oeuvre of Eugène Fidler. Cathie I am not saying this as your friend. This book is a masterpiece."
I so loved your tribute to your father. This ought to be one of the finest and most difficult pieces of writing you ever produced. I can’t even begin to comprehend how you’ve achieved this. An almost impossible balancing act. And a labor of love, grace, and deep insights – not just into the life but into the oeuvre of Eugène Fidler. Cathie I am not saying this as your friend. This book is a masterpiece."
mardi 20 septembre 2016
MOÏSE RAHMANI, PASSEUR DE BONTÉ.
Moïse Rahmani,
photo prise au Salon du livre de la WIZO
en octobre 2012, à Marseille
© Cathie Fidler
La communauté juive sépharade est en deuil, et en
particulier celle dont les origines les rattachent à Rhodes. Leur représentant
le plus emblématique vient de les quitter. Nous tous qui l'avons côtoyé, que nous soyons
sépharades, ashkénazes, ou simplement humains, sommes également infiniment tristes, car Moïse
était l’homme le plus ouvert, le plus généreux, et le plus modeste que notre époque ait connu. Je
ne ferai pas ici le récit de sa vie, je n’oserais pas être sa biographe. Non,
je me contenterai de rendre hommage à celui qui a passé de longues années à
rechercher et à faire connaître le sort de sa communauté d’origine, permettant
ainsi aux plus néophytes – dont je suis – de prendre la mesure de la richesse de cet univers judéo-espagnol, de ce que furent sa
langue, sa culture, ses traditions qui firent de cette île « un miracle de
parfums de roses, de cannelle, de miel » – sans oublier son histoire, hélas si
tragique, puisque 90% des Juifs de Rhodes ne revinrent pas des camps de la
mort…
Ses livres sur le sujet : Rhodes, un pan de notre mémoire, et Sefarad, Sefarad ; une esquisse* sont, et resteront, les incontournables de toute bibliothèque qui se respecte.
est passionnant à plus d'un titre.
Il évoque sa fidélité, sa richesse autant que sa souffrance.
Le lecteur qui s'intéresse au destin admirable
du Judaïsme sépharade
y trouvera ample matière à réflexion".
Elie Wiesel.
Mais Moïse Rahmani a également compilé dans un
recueil délicieux un bon nombre de blagues juives regroupées par thèmes,
intitulé « Tu choisiras le rire... », preuve
que l’homme n’était pas enclin à se complaire dans la tristesse et la
mélancolie, bien au contraire.
Moïse avait à cœur de partager, et de valoriser les
autres. Je ne saurais écrire ce billet sans revenir sur notre merveilleuse
rencontre. Celle-ci se produisit suite à ma première publication, Histoires floues, qu’il avait lue et
recensée sur le site magistral qu’il avait créé pour mettre en valeur la revue
sépharade qu’il avait fondée, « Los Muestros », et l’Institut
Sépharade Européen de Bruxelles, où il vivait.
Nous avons ensuite communiqué par email, puis nous
nous sommes rencontrés à Nice où il venait souvent, et c’est encore grâce à
Moïse Rahmani que j’ai pu participer au salon annuel du livre de la WIZO, à
Marseille, et même, une fois, au Salon du livre juif de Paris.
Moïse était un passeur. Pas seulement d’idées, ou
de connaissance, mais un passeur de bonté. Il avait à cœur d’aider, de
soutenir, d’encourager ceux et celles qui avaient l’heur de croiser son chemin.
Homme pieux, et respectueux des rites, il ne jugeait pas ceux qui l’étaient
moins. Il était en sympathie avec les autres, avec ceux qui étaient dans la
peine, ou dans la douleur, et il savait trouver les mots pour l’exprimer. Il
les enrichissait par sa présence, car ainsi que le dit la sagesse de sa culture :
« El quen tien amigos es rico » – « Celui qui a des amis a la richesse ».
Alors aujourd’hui, je me doute que nous sommes très,
très nombreux à éprouver de la peine à cause de son départ, et à nous associer
au chagrin de sa famille. Mais je sais aussi que Moïse restera dans nos cœurs,
et que nous tenterons de suivre son exemple, en cheminant, chacun à sa façon,
sur le chemin de bonté qu’il a tracé, et que nous avons eu le privilège de
suivre avec lui, un temps.
May he rest in peace.
May he rest in peace.
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~
BIBLIOGRAPHIE NON EXHAUSTIVE :
RHODES, UN PAN DE NOTRE MÉMOIRE
Éditions Romillat, Paris, 2000
SHALOM BWANA, LA SAGESSE DES JUIFS DU CONGO
Éditions Romillat, Paris, 2002
LES JUIFS DU SOLEIL, PORTRAITS DE SÉPHARADES DE BELGIQUE
Filipson Éditions, Bruxelles, 2002
L'EXODE OUBLIÉ, JUIFS DES PAYS ARABES
Éditions Raphaël, Paris 2003
RÉFUGIÉS JUIFS DES PAYS ARABES, L'EXODE OUBLIÉ
Réédition. Éditions Luc Pire, Bruxelles, 2006
LA RÉPONSE DE NOA
Éditions de l'Institut Séfarade Européen, Bruxelles, 2003
SÉPHARADE 2004, UN ÉTAT DES LIEUX
Éditions N.L.A, Asnières 2004
SOUS LE JOUG DU CROISSANT, JUIFS EN TERRE D'ISLAM
Éditions de l'Institut Sépharade Européen, Bruxelles, 2005
LETTRE À UN FRÈRE
Éditions de l'Institut Sépharade Européen, Bruxelles, 2007
JUIFS DU CONGO, LA CONFIANCE ET L'ESPOIR
Éditions de l'Institut Sépharade Européen, Bruxelles, 2007
TU CHOISIRAS LE RIRE
Éditions Pascal, Paris 2008
&
LE 11ème COMMANDEMENT (réédition)
Éditions de l'Institut Sépharade Européen, Bruxelles, 2010
JUIFS EN TERRE D'ISLAM, UNE MINORITÉ OPPRIMÉE
Éditions de l'Institut Sépharade Européen, Bruxelles, 2010
* SEFARAD, SEFARAD, UNE ESQUISSE
Livre bilingue français-judéo-espagnol
Éditions de l'Institut Sépharade Européen, Bruxelles, 2014
jeudi 15 septembre 2016
N°300 : ÉVÉNEMENTS DE LA RENTRÉE.
CE BILLET EST BIEN LE NUMÉRO 300 SUR GRATITUDE, SI J'EN CROIS CE QUE ME DIT Mr GOOGLE ! Aimons donc ce compte rond.
Ce numéro 300 sera court, et informatif.
Voilà les quelques événements auxquels je participerai dans les jours à venir.
Tout d'abord : LIRE À VENCE, le samedi 17 septembre, sur la place du GRAND JARDIN, pour y retrouver un bon nombre d'auteurs de la région, sous un chapiteau joyeux. De 9:30 à 18:00.
Et le lendemain, le dimanche 18 septembre, ce sera à ROUSSILLON en PROVENCE, dans le Vaucluse, que j'aurai le plaisir de rencontrer les lecteurs et les amateurs d'amateurs d'art en particulier, dans le village d'adoption de mon père, Eugène Fidler, où il a terminé ses jours. Je serai accueillie par la Librairie Croqu' La Vie, que je vous engage à découvrir par la même occasion.
Ce sera avec plaisir que nous y rencontrerons également Véronique Moraldi, dont j'ai déjà évoqué le travail sur ce blog.
Et pour finir ce billet en beauté, notez que notre prochain rendez-vous aura lieu au Festival du Livre de Mouans-Sartoux – et cette année je serai sur le stand des Éditions Ovadia, il faudra donc m'y chercher un peu, mais je rajouterai tous les détails en temps utiles. Ce sera le week-end du 7 au 9 octobre prochain.
À bientôt donc, ici ou là, et n'hésitez pas à partager ce billet, pour le plus grand plaisir de tous, auteurs et lecteurs confondus !
lundi 5 septembre 2016
CLICHÉS EN TOUS GENRES
L'été et les vacances sont la saison rêvée pour accumuler les clichés. Paysages, repas, réunions de famille, fiestas, apéros, tout est prétexte à activer son appareil de photo, qui se trouve être, la plupart du temps, un smart phone – que l'on agitera ensuite devant les yeux de tout un chacun, y compris lorsque l'image est réduite au format timbre-poste, et tant pis pour ceux et celles dont la vue n'a plus son acuité d'antan.
Ces images s'accumulent dans la mémoire phénoménale de nos e-appareils. Pour ma part je vois qu'il y en a 1591 dans le mien, et franchement, je ne vois pas du tout lesquelles je devrais / pourrais éliminer, même si je passe mon temps à tenter de m'y employer : en vain, car d'autres les remplacent illico. Et je ne dis rien du fameux "nuage" auquel je ne suis pas sûre de savoir accéder.
C'est général. Mis à part une poignée d'irréductibles, (j'en connais un(e) ou deux) nous avons tous et toutes notre galerie de photos à disposition jour et nuit. C'est magique.
Alors, que faire de nos vieux albums ? Ils sont lourds, poussiéreux, encombrants. On les regarde peu souvent. Et pourtant, ce sont eux qui contiennent les photographies (dont certaines ont mal vieilli) que nous chérissons plus que tout. Les sortir de l'étagère où ils sont coincés, les uns contre les autres ? Pas évident...
C'est là qu'interviennent plusieurs applications* qui nous permettent de les scanner à partir de notre téléphone, proprement, rapidement, puis de les retravailler une à une, en les rognant, en les améliorant, pour ensuite les stocker dans la mémoire dont je viens de parler. Logique, au fond que ces souvenirs soient sauvegardés dans une autre mémoire que la nôtre, non ? Quelle merveilleuse manière de protéger ces trésors familiaux !
Ce qui compte, au fond, c'est ce désir farouche de tout numériser, afin que rien de précieux ne soit brûlé, noyé, détruit, par un de ces accidents dont la nature est coutumière – et je ne dis rien des méfaits de la nature humaine.
Mais voilà qu'une autre option se présente pour effectuer la manœuvre inverse, à savoir, IMPRIMER vos clichés.
Une appli (payante, elle aussi) vous permet d'envoyer votre e-photo et de la recevoir ensuite sous forme de cliché (sur papier) unique, multiple, ou de carte postale que vous enverrez à quelqu'un d'autre, ou même d'album photo, fabriqué (nous dit la pub) en un clic. Quand on sait le temps qu'il faut pour réaliser cette dernière opération, on achète tout de suite !
Elle permet aussi de réaliser des affiches, des magnets pour le frigo, et pourquoi pas, des T-shirts, tout ça en un clic, depuis son téléphone.
C'est très troublant, tout ça. D'une part on numérise, on rejette le papier et, d'autre part, demeure cette nostalgie de l'imprimé, et même de la carte postale de vacances envoyée de son smart phone, et sur laquelle on ne manquera pas d'inscrire comme sur une vraie : "Bons baisers de partout", car elle prouvera mieux qu'un texto que, oui, même de loin, on pense à ses amis. Bravo l'appli qui la rend palpable.
Au fond, je ne sais laquelle des deux options je préfère, car les deux me séduisent également.
Mais, tout de même, pouvoir dans l'instant partager le meilleur et le pire grâce à son téléphone, c'est un miracle des temps modernes, dont je me demande ce que Chaplin aurait fait.
Ces images sont précieuses, quelle que soit leur forme extérieure. Et pourtant, notre cerveau et notre cœur sont ainsi faits : les instants de bonheur qui y sont gravés sont sans doute les plus "vrais" et les plus précieux pour nous – nous ne les oublierons que lorsque le temps aura fait son affaire sur nos pauvres méninges.
Et les mots dans tout ça ? On devine ma réponse. C'est le récit que nous aurons livré de ces secondes d'éternité capturée qui fera vivre ces dernières à jamais.
Il en va de même pour les êtres aimés qui, un jour nous quittent, inéluctablement.
Soyons-en sûrs, leur souvenir chatoyant, nuancé, multicolore, demeurera plus vivace en nous que n'importe quel cliché. Même quand la nuit semble très noire, des lumières y scintillent.
Voilà pourquoi, en ce début septembre, après une fin de mois d'août particulièrement éprouvante pour moi, c'est par le biais de la nature que j'ai souhaité illustrer, et conclure ce billet.
Ces images sont précieuses, quelle que soit leur forme extérieure. Et pourtant, notre cerveau et notre cœur sont ainsi faits : les instants de bonheur qui y sont gravés sont sans doute les plus "vrais" et les plus précieux pour nous – nous ne les oublierons que lorsque le temps aura fait son affaire sur nos pauvres méninges.
Et les mots dans tout ça ? On devine ma réponse. C'est le récit que nous aurons livré de ces secondes d'éternité capturée qui fera vivre ces dernières à jamais.
Il en va de même pour les êtres aimés qui, un jour nous quittent, inéluctablement.
Soyons-en sûrs, leur souvenir chatoyant, nuancé, multicolore, demeurera plus vivace en nous que n'importe quel cliché. Même quand la nuit semble très noire, des lumières y scintillent.
Voilà pourquoi, en ce début septembre, après une fin de mois d'août particulièrement éprouvante pour moi, c'est par le biais de la nature que j'ai souhaité illustrer, et conclure ce billet.
*Je ne donne pas de marques, vous trouverez tout ça sans problème en ligne et, si vous êtes sur facebook, sans l'avoir réclamé !
... Mais quand même : regardez déjà ICI, et LÀ.
mardi 26 juillet 2016
ARTISTS vs BARBARIANS & "What's Victor up to"
July 24, 2016.
Ten days, it has been ten days since our city was hit by the terrible attack, and during this time, all we have been able to talk about, at the butcher's, the baker's, the convenience store, the bus stop, on the tram, in cafés, everywhere, is this catastrophe, this carnage that destroyed 84 lives and countless others. And everyone in that period of time has been shocked to find out that they knew someone who knew someone who perished on that fatal night. This is to be expected in a city of 345 000 inhabitants (in winter-time) where everyone knows everyone, or almost. Nice is akin to a village, quite similar to the home of our famous cartoon strip hero, Asterix: fighting hard against the Roman (or national) invader. A southern city, a rebellious one, ferociously attached to its traditions, food and language. Its inhabitants would often sing the city's anthem, Nissa la Bella rather than the Marseillaise, this video shot in NYC vouches for it, but here is the real thing for you.
The Prom' (as we call it) is stunning, as it always is, on that particular morning of the 24th, and yet walking on it is heart-wrenching, and a hard decision to make: it has taken us ten days.
To a French person, it feels like walking on someone's grave, giving the same impression we get in English or American grass-covered graveyards. As if someone was going to shout: "Stop walking on my grave, you are giving me the shivers." True, this time, we are the ones who shiver, despite the warm morning sun.
Slowly, cautiously, we walk the Promenade again. It is ours to regain. There's few people around, and very little noise. The flowers, candles and stuffed toys that had been placed wherever a victim had fallen have been moved and gathered further east, in two places, near a bandstand that is close to the former Hôtel Ruhl.
But suddenly we have to stop, for there, on the pavement, we meet with an unexpected gift.
The artist at work is called Victor. He is Canadian, as we are first informed by the small flag which is placed near his hat, on the ground, by his few belongings.
I admire what he is doing, so I ask him a few questions, and learn that he has come all the way from Toronto, hopping on a plane after gathering the money for the flight to come here and share his art with the city in mourning. He arrived in the evening of the 22nd and started painting the next morning at 10am, mindless of jet-lag.
He kneels on a kind of cushion as he paints (the surface is hard!) and his work progresses well. Curves and small hearts in the colors of the French flag are filled in, one after the other. What he is actually decorating are the letters of the word COURAGE. Later, he tells me, he will proceed by writing and drawing the word LOVE and add next to it the names of all the victims of the deadly attack.
While he is not asking for anything, some thankfully leave a coin or two in his small hat. I have interrupted his work for a few minutes, but now he is back at it, mindless of the world around him. I like the name given to his "production": "What's Victor up to?", coined by his mom, no doubt awed by this amazing son.
The bright colors of his drawing give a new life to that sorry pavement. People stop and watch, and admire the work. As we do, they take pictures, before pursuing their mournful walk - maybe with a little more courage.
You may see the Niçois flag in this photo.
Further along, right next to the bandstand that is covered in and surrounded by more flowers, candles, wreaths, flags, drawings, hand-written notes of all kinds and teddy bears of all sizes, there is a group of young children. Like Victor, they are kneeling on the ground (if without any cushion!) and very busy drawing their message of love and compassion on a very large sheet of paper that is probably going to be posted somewhere when completed. They chatter in soft voices, surrounded by encouraging adults.
Once more, it seems to me that only art and artists can save us from the barbarians. Even if the conjunction of such talents will not bring the victims back, for a fleeting moment, I like to think that their souls will have been given some of their colors back.
May they all rest in peace.
Most of the photos in this post are those taken by Jacques Lefebvre-Linetzky. I am grateful to him, too.
PS. July 26. My special informer, Peter Burnett, told me last night that Victor was indeed busy painting the word LOVE, and that he looked pretty worn out. Little wonder. And by the way, we do love Canada!
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