En deuil

En deuil

mercredi 4 avril 2012

AVEC L’ÉDUCATION NATIONALE, C’EST POSSIBLE !





Ceux d’entre vous qui connaissent la grande Maison Éducation ne trouveront rien de nouveau à ce petit message, mais les autres découvriront peut-être un aspect moins connu de cette institution.


Prenez une jeune fille toute mignonne qui n’a pas beaucoup vécu ailleurs que dans des villes de province. Si, si, il en existe encore. Elle se destine au beau métier de l’enseignement. C’est, comme qui dirait, une vocation. Après quelques années d’études exigeantes, tout en travaillant à côté pour gagner sa pitance, elle réussit un concours si difficile que ses copines, aussi douées qu’elle, y sont parfois recalées, et même deux fois. Elle fait donc la fête pour célébrer la chose, avec son petit copain.
La fête ne durera pas longtemps. Elle va vite apprendre qu’elle doit faire son stage de formation (enfin, si on veut – la chose n’a plus guère de sens à présent puisque la jeune recrue sera jetée dans le grand bain sans bouée dès la prochaine rentrée, nage ou crève), elle effectuera son  « stage  », donc, dans une ville distante de 400kms au bas mot. Par exemple, si elle vit à Clermont-Ferrand, Bordeaux ou Toulouse paraissent des affectations logiques. Elle déménage, donc, avec tout ce que cela implique de frais divers. Elle s’installe, un peu. Aime son lycée, son nouveau métier. Se voit appréciée de ses élèves, et même de son proviseur. Découvre les lieux. Pense peut-être à rester dans cette nouvelle région, qu’elle s’est mise à apprécier.

STOP le rêve. Quelques mois plus tard, on l’informe que c’est dans l’académie de Créteil qu’elle devra rejoindre son poste suivant. Pas forcément en tant que titulaire, notez, souvent comme TZR (Titulaire sur Zone de Remplacement). À chaque rentrée, à elle les joies renouvelées du déménagement ; les galères pour trouver à se loger au plus près du poste dont on lui donnera les coordonnées au mieux 48 heures avant la rentrée ; les frais divers (qui commencent à chiffrer, vous le devinez) - et le copain ? Pas sûr de le relocaliser aussi facilement à chaque fois… Qu’à cela ne tienne, le célibat sierra forcément à notre novice, puisque cette voie est une vocation, on est bien d’accord, non ?

Ah, mais, au moins, en étant fonctionnaire, elle ne sera pas au chômage, me direz-vous. Certes. Elle aura un boulot, et même un métier gratifiant, dont les avantages cachés sont économiques avant tout. Mais pas forcément pour notre jeune recrue. Pensons avec gratitude au cadeau que fait l’Éducation Nationale à tout un tas d’autres corps de métiers, comme : les agents immobiliers, les entreprises de transport, les déménageurs, les loueurs de camionnettes, la SNCF, les marchands de meubles, les artisans en tous genres… C’est sûr, on ne pense pas à la bienveillance dissimulée de cet employeur modèle qui, sans l’aide d’aucun DRH, sait si bien prendre en compte tous les paramètres avant d’affecter une jeune fille de province dans un collège de la banlieue parisienne, où, nul doute elle saura faire honneur à son employeur et à son pays.
On ne râle pas, hein ? Parce que, quand même, voyager ainsi tous les ans, ce n’est pas donné à tout le monde. Avec l’Éducation Nationale, c’est possible !

Servir l’État, sur tous les fronts, pour guère plus que le SMIC, quoi de plus beau ? Certains ont même transformé en films leur dure expérience du terrain. Ici & Ici.







Et puis, cette ZEP (Zone d’Éducation Prioritaire) de banlieue, c’est à deux pas de la ville lumière que le monde entier nous envie. 
Dans ces conditions de rêve offertes par la nation reconnaissante, on comprend mieux que tant de postes soient supprimés partout, mais pourquoi le ministre de l'Éducation ne l'explique-t-il pas à la télé ? 


On se demande bien pourquoi certains sont si négatifs. Pas moi, c’est sûr. Allez, les filles (et vous aussi les mecs), faites-donc un peu de promo pour le Club Ed, tout en commençant vos cartons !



1 commentaire: